Les peurs chez le jeune enfant

 

Définissons la peur

La peur est une émotion instinctive que l’on ressent lorsque l’on se sent menacé. C’est une émotion ancrée dans notre inconscience. Elle peut se manifester par des cris, des pleurs, des tremblements mais aussi par des crises d’angoisses.

 

La peur est-elle une étape inévitable chez l’enfant ? 

Dès les premiers mois de vie jusqu’à l’âge d’environ 6 ans, les enfants traversent différentes phases de développement qui peuvent être accompagnées de peurs spécifiques.

Bien que sources d’inquiétudes pour les parents, elles sont une part normale du développement psychologique et émotionnel de l’enfant.

Elles se manifestent à mesure que l’enfant prend conscience de son environnement mais aussi, de son imagination en développement, du processus d’individualisation, de son âge, de sa personnalité,…

Comprendre et reconnaître les peurs de son enfant permet de le rassurer et de l ‘accompagner de la manière la plus appropriée possible.

 

Quelques étapes clés

Les premières peurs arrivent en général vers 8-9 mois avec « l’angoisse de séparation », l’enfant encore tout jeune pense que papa, maman ou le référent qui s’en va, le fait de manière définitive. Durant cette période délicate, vous pouvez aidez le jeune enfant en lui proposant des jeux de « caché / coucou » mais aussi des jeux autour de la permanence de l’objet.

Vers 1 an, la peur du bruit apparaît, ainsi il peut se montrer anxieux au bruit de l’aspirateur, du robot cuisine, d’une porte qui claque,…

Entre 2 et 4 ans, l’enfant a une imagination très riche, c’est vers cet âge là que l’enfant va développer des peurs pour des créatures imaginaires (monstres, fantômes,…), des personnages comme le Père-Noël mais aussi pour des situations comme se faire aspirer par les toilettes quand il tire la chasse d’eau.

 

Quelques conseils pour aider votre enfant à surmonter ses peurs :

  • Avant 5-6 ans, il est difficile pour l’enfant de faire la différence entre la réalité et l’imaginaire mais vous pouvez par votre positionnement et votre accompagnement, apaiser ses peurs et l’aider à surmonter cette étape délicate en :

    • Écoutant et validant les ressentis : Il est important de prendre au sérieux les peurs de votre enfant sans les minimiser mais attention à ne pas surréagir..Il faut veiller à l’écouter attentivement, ainsi il se sentira compris et soutenu. Aidez-le à mettre des mots sur ses émotions.
    • Renforçant son sentiment de sécurité : Prendre le temps de le réconforter calmement est indispensable. Une routine stable et un environnement sécurisant permettent de réduire les anxiétés et les peurs de l’enfant.
    • Expliquant : En choisissant des mots adaptés à votre enfant, vous pouvez expliquer à votre enfant ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Il est important de ne pas mentir.
    • Se munissant d’outils : Vous pouvez vous aider de livres ou lui demander de dessiner ce qu’il ressent, cela l’aidera à exprimer ses émotions et à mieux appréhender ses peurs.
    • Renforçant le courage et en félicitant ses réussites : Vous pouvez renforcer le courage de votre enfant en lui rappelant des situations où il a été courageux, où il n’a pas eu peur. Soulignez ses réussites, dites lui que vous êtes fier de lui.

Le métier de sage femme

 

Le terme sage femme désigne la personne qui « a la connaissance de la femme » (sage) et la personne qui est accompagnée (femme).

Depuis quand cette pratique existe t’elle ?

La pratique des sages-femmes remonte à l’ère paléolithique. A cette époque, les femmes devaient accoucher dans des environnements difficiles qui mettaient souvent leur vie en danger. Elles se soutenaient mutuellement pendant l’accouchement sur la base des connaissances et des compétences acquises en observant les autres mammifères.

 

La sage-femme, une alliée de choix…

Aujourd’hui encore, il est de coutume d’associer le métier de sage-femme au fait de ne pratiquer que des accouchements. Même si cela est le cas, la sage-femme possède en réalité une multitude de compétences faisant d’elle une praticienne essentielle dans la vie d’une femme.

 

A partir de quel âge puis-je consulter une sage-femme et dans quel cas?

Dès l’adolescence, la sage femme joue un rôle crucial en offrant un soutien médical, éducatif et émotionnel aux jeunes filles qui entrent dans cette délicate période de transition. La sage femme peut également intervenir dans des collèges pour donner des conseils en matière de sexualité.

Une sage femme ? Oui car :

  • Elle permet un accompagnement personnalisé des futurs parents et parents.
  • Elle donne des conseils prénataux et se révèle être un véritable renfort émotionnel.
  • Elle tisse avec ses patients des liens de confiance, assurant ainsi leur bien-être continu.
  • Après l’accouchement, elle assure le suivi post-natal, offre des conseils sur l’allaitement, sur les soins du nourrisson, son développement.
  • Elle est pour les jeunes parents, une présence réconfortante.
  • Elle est présente également tout au long de la vie de la femme, elle prodigue des conseils en santé sexuelle et reproductive.
  • Elle assure le suivi gynécologique comme le suivi des cycles menstruels, offre des suivis de dépistage, comme les frottis et les examens mammaires, et accompagne les femmes dans l’entrée en ménopause.

 

Quel est le rôle d’une sage-femme au sein de la micro-crèche ?

L’accueil des enfants en collectivité peut débuter dès l’âge de 2 mois et demi. La sage-femme peut donc être d’une grande aide en matière d’allaitement par exemple, de suivi de santé jusqu’à l’âge de 3 ans (vaccination et carnet de santé) et de soutien à la parentalité. Elle peut également former des équipes et animer des ateliers parents-enfants.

 

Il est de nos jours de plus en plus compliqué d’obtenir des rendez-vous chez des gynécologues, les délais sont longs, les praticiens ne prennent plus de nouvelles patientes, alors mesdames n’hésitez plus, les sages-femmes sont là pour vous !

Le besoin de limites et la question de l’autorité

 

Poser un cadre à votre enfant est indispensable à son bon développement. Il a un besoin impérieux de contenance et de limites. En effet, ce cadre, ces limites permettent à l’enfant de se sentir sécurisé. C’est à l’adulte de répondre à ces besoins, à travers son portage, son toucher, son attention, ses paroles et son accompagnement.

Non, c’est non !

Le « non » que vous formulez à votre enfant doit être clair et cohérent, le ton doit être adapté, sans crier :    Non c’est non !

Il est essentiel que vous fixiez votre cadre et que vous vous y teniez (on parle doucement, on agit avec gentillesse,…).

Le positionnement de votre autorité doit être un parfait équilibre entre fermeté et bienveillance.

Dans la question de l’autorité, il est important de faire la différence entre « position » et « pouvoir ». En effet, en tant qu’adultes, nous ne détenons pas de « pouvoir » sur les enfants mais une « position ». Celle d’un adulte sécurisant, qui pose des limites à son enfant afin qu’il puisse :

  • se développer en toute sécurité (physique mais aussi morale, psychique, affective,…),
  • comprendre ce qu’il a le droit ou non de faire,
  • apprendre à vivre en société.

Quand l’enfant « cède », ça ne doit pas être parce que c’est à l’adulte d’avoir le dernier mot, mais plutôt parce que votre enfant, dans votre positionnement a compris que ce cadre, ces limites le protègent .

 

Comment faire pour que mon enfant accepte le « non » ?

Tout d’abord, il est important de rappeler que l’autorité ne doit jamais prendre la forme de maltraitance, ni morale, ni physique. Elle ne résout rien, au contraire.

L’adulte doit accueillir le ressenti de l’enfant avec bienveillance et non-jugement et l’aider à verbaliser ses émotions ; donnez lui l’espace, le temps pour s’exprimer, ainsi vous l’aiderez à gérer sa frustration, ses attentes non satisfaites,…Cela permet d’ouvrir le dialogue avec votre enfant.

Vers la fin de sa première année l’enfant comprend les notions de « permis » et « défendu », mais il n’a pas encore la notion de causalité, alors patience, vous allez devoir répéter de nombreuses fois le cadre avant qu’il     soit acquis par votre enfant.

Le cerveau de votre jeune enfant est encore immature, il est important de comprendre que le tout-petit ne provoque pas, il « explose » face à de trop fortes émotions qu’il n’arrive pas à comprendre.

Pour l’enfant, il est difficile de respecter les limites même s’il les a compris, il sera plus facile de les lui faire accepter tant ses besoins seront entendus et satisfaits.

Il est essentiel de faire attention à ses propres façons de faire car vous le savez, l’enfant apprend essentiellement en imitant, en reproduisant des situations du quotidien. La valeur d’exemple est fondamentale.

Féliciter ses réussites pour l ‘encourager à reproduire, faites un tri dans vos exigences, ce qui est pour vous négociable ou non.

L’autorité doit être bâtie sur un socle de confiance, si vous dites quelque chose, il est important de vous y tenir.

Les mots que vous employez, vos expressions faciales, sont essentiels, en effet si vous le réprimandez sur une règle qu’il n’a pas respecté en souriant, l’enfant qui est beaucoup plus sensible à la communication non-verbale ne retiendra que votre sourire, et un sourire c’est une expression positive…

Le tout-petit ne comprend pas toujours le sens de la négation, il est donc préférable d’utiliser des formules positives : dans la phrase « ne crie pas », l’enfant va retenir « crie », essayez plutôt « parle doucement ».

Enfin, il est important de ne pas se mettre trop de pression ou de se sentir coupable parce que votre enfant ne respecte pas le cadre fixé, tous les enfants passent par cette phase d’opposition. Si vous vous sentez dépassés par certaines situations, n’hésitez pas à vous faire aider ou à passer le relais.

Faites vous confiance, vous faites du mieux que vous le pouvez pour votre enfant, là est l’essentiel.

 

Faites vous confiance, vous faites du mieux que vous le pouvez pour votre enfant, là est l’essentiel.

(Chers parents, je vous invite à consulter le tableau de communication positive du site : papapositive.fr, vous y trouverez une mine de phrases positives)

Le saviez-vous ?

La phase d’opposition

 

NON, NON, NON ET NON !!!! serait-ce devenu le mot préféré de votre enfant ? Quoique vous lui disiez, que vous lui proposiez, que vous lui demandiez, sa réponse est toujours la même : NON !

Chers parents, bienvenus dans la magnifique « phase d’opposition » plus communément connue sous le nom de…« terrible two ».

Elle commence généralement vers 15-16 mois et dure jusqu’à 3-4 ans environ, elle peut se manifester par phases et de manière inconstante. C’est une étape qui peut être éprouvante et fatigante pour les adultes mais elle demeure extrêmement importante dans la vie de l’enfant. A sa manière, il expérimente le monde par lui-même. Il teste ses propres limites mais également les vôtres.

Mais pourquoi mon enfant s’oppose t’il toujours à ce que je lui dis ?

En réalité, sa volonté n’est pas de s’opposer à vous à proprement parler mais de se différencier de vous. L’enfant, dont le cerveau est encore immature n’est pas en capacité de comprendre que les adultes ont un autre point de vue que le sien, ainsi il ne peut pas comprendre que vous n’êtes pas d’accord avec ce qu’il a décidé.

Il grandit, il prend peu à peu conscience qu’il est une personne à part entière , qui existe en dehors de vous. Il veut faire ses propres choix, gagner en autonomie. Vous devez entendre maintes et maintes fois : « non, je veux faire tout seul ».

La fatigue rend également votre enfant plus irritable, comme pour les adultes, mais contrairement à vous, le tout-petit n’est pas en capacité de prendre du recul sur certaines situations, ainsi à la moindre frustration, contrariété, il « explose » d’émotions.

Souvent des parents nous font remarquer que leurs enfants ne sont pas aussi « calmes, sages » chez eux, qu’à la crèche.

Pas de panique, cela ne veut pas dire que votre enfant n’aime pas sa maison ou qu’il est mieux à la crèche, au contraire, dans son cocon familial, l’enfant se sent en sécurité, il peut alors « décharger » toute la tension accumulée dans la journée.

«  Même si je suis très en colère et que je crie très fort, papa et maman m’aimeront toujours ».

Je suis sûr que c’est un caprice…

Tout d’abord, définissons ce qu’est un caprice : un caprice est un refus volontaire de l’enfant d’obéir à une règle qu’il manifeste par des cris, des pleurs,…dans l’espérance que l’adulte cède à son envie, désir.

Or, comme nous l’avons déjà vu, le jeune enfant n’est pas encore au fait du principe de causalité . Ce qui n’est pas grave pour vous, peut-être pour votre enfant un véritable drame. Il est important de rappeler que le tout-jeune n’est pas en capacité de relativiser. Dans ces moments de « crises », l’enfant vit une réelle tempête émotionnelle dont il ne peut sortir qu’en se sentant rassuré, sécurisé, entendu et non-jugé.

Ce que les adultes prennent pour des caprices sont en réalité une manifestation du jeune enfant à un de ses besoins non-satisfaits.

 

Comment  détourner le rapport de force et soutenir votre enfant dans son autonomie ?

  • Tout d’abord, n’essayez pas de discuter avec votre enfant quand il est en crise, il n’est pas apte à vous entendre.
  • Il est important que vous restiez calme face à votre enfant, les cris et l’énervement entraînent les cris et l’énervement. Vous êtes l’exemple de vos enfants, en contrôlant vous-même vos émotions, vous l’aidez à contrôler les siennes.
  • Évitez les discussions trop longues et les négociations, vous êtes le parent c’est vous qui déciderez au final, par contre, dites lui que vous avez compris ce qu’il ressent : par exemple, « je comprends que tu sois en colère mais,… ».
  • Aidez-le à mettre des mots sur ses émotions, avec des supports visuels par exemple.
  • Ne donnez pas trop de consignes à votre enfant, faites respecter le cadre que vous vous êtes fixés.
  • Évitez les langages négatifs et tourner les consignes de manières positives (ne dites pas « tu m’agaces à crier mais plutôt je sais que tu es capable de parler plus doucement).
  • Proposez-lui des alternatives (si ça ne dépasse pas le cadre fixé), par exemple, si votre enfant n’aime pas ce pantalon bleu, laissez lui le choix entre deux autres couleurs, ainsi il se sent entendu et gagne en autonomie et vous gardez de cette manière la main sur le choix à faire.

 

Parents, faites vous confiance, respirez…tout finit toujours par passer.

Le saviez-vous ?

Le jeu chez le jeune enfant de 0 à 3 ans

 

« J’avance à mon propre rythme et je développe toutes mes facultés en même temps : pour moi, tout est langage, corps, jeu, expérience. J’ai besoin qu’on me parle, de temps et d’espace pour jouer librement et exercer mes multiples capacités » (Sylviane Giampino)

Rien de plus naturel pour des enfants que de jouer. Ils manipulent, ils explorent. Un morceau de papier, une branche,..et le tour est joué. Dès la naissance, le jeu est une porte d’entrée sur le monde et donne à l’enfant des clés pour intéragir et mieux comprendre son univers.

Ce n’est pas un hasard, si jouer, est depuis le 20 Novembre 1989, un des droits fondamentaux inscrits dans la convention relative aux droits de l’enfant.

Pourquoi jouer est si important pour l’enfant ?

Eh bien, c’est majoritairement comme cela que l’enfant apprend « à apprendre » ce qui l’entoure. Jouer est pour l’enfant indispensable à son bon développement.

Vous pouvez jouer avec votre enfant dès son plus jeune âge. Au départ cela prendra la forme de stimulations (jeu de voix, de lumières,..) puis pas à pas vous pourrez lui proposer différents jouets qu’il portera à sa bouche découvrant ainsi les matières, les goûts, les textures,….

Au fil de son évolution, le jeu permet à l’enfant le développement intellectuel, social, sensoriel, moteur et favorise le développement du langage.

Plus tard, il permet à l’enfant de suivre une logique, un raisonnement, il lui donne des règles.

1) Le jeu libre : c’est quoi, qu’apporte t’il à l’enfant et comment le favoriser ?

Quels sont les bienfaits du jeu libre ? :

  • Favoriser la confiance en soi.
  • Créer et développer ses relations sociales.
  • Stimuler l’autonomie.
  • Permettre la réflexion et l’organisation de la pensée.
  • Favoriser le développement de l’imagination.
  • Développer sa créativité.
  • Apprendre en jouant avec les autres.

Il est possible d’encourager votre enfant à jouer librement. Voici quelques conseils pour favoriser ce type de jeu :

Faites de la place pour le jeu libre en prévoyant des moments dans la journée où rien n’est organisé pour votre enfant afin qu’il ait l’occasion de s’occuper seul.

Montrez à votre enfant que le jeu est important pour vous. Rappelez-lui qu’il s’agit d’une bonne façon de s’amuser en utilisant son imagination. Vous pouvez aussi lui poser des questions après son jeu pour savoir ce qu’il faisait, si cela lui a plu… et lui montrer ainsi que cela vous intéresse.

Laissez-lui du temps pour créer quand il joue librement. Un enfant a besoin d’au moins 15 minutes pour inventer un jeu. Idéalement, il faudrait même lui laisser encore plus de temps afin qu’il invente le développe et y mette fin par lui-même. Cette période est nécessaire pour permettre à l’enfant de bien élaborer ses idées et explorer le matériel de jeu à sa guise.

Encouragez-le quand il s’amuse seul. Dites-lui, par exemple : « Elle est belle ta construction!- Qu’est-ce que c’est? » ou « Waouh, ça a l’air amusant ton jeu avec tes peluches! ».

Assurez-vous que votre enfant peut s’amuser dans un espace sécuritaire.

Laissez à sa portée du matériel varié qu’il pourra utiliser de plusieurs façons différentes pour jouer.  Par exemple, les cubes, les petites voitures, les boîtes en carton, la valise de déguisements ou la pâte à modeler sont de bons choix pour permettre à votre enfant de faire preuve de créativité.

Évitez d’intervenir lorsque votre enfant joue seul, car cela pourrait briser ce moment de créativité. Toutefois, si c’est lui qui vous invite à participer à son jeu, acceptez le rôle que votre enfant vous donne et laissez-le vous guider.

Amenez souvent votre enfant jouer dehors. L’environnement extérieur favorise le jeu libre, notamment parce que votre enfant a plus d’espace pour s’amuser et qu’il a accès à une variété de matériaux (ex: terre, sable, caillou, branche, tronc d’arbre) qu’il ne trouve pas à la maison.

 

2) Comment évolue le jeu chez l’enfant de 0 à 3 ans  avec les autres copains ?

De 0 à 2 ans, c’est ce que l’on appelle le « jeu solitaire »

Avant 1 an, l’enfant regarde les autres enfants, leur sourit mais joue seul.

Entre 1 an et 2 ans, l’enfant aime partager ses découvertes avec l’adulte en pointant du doigt, en montrant ou bien en offrant des jouets. A cet âge, l’intêret pour les autres enfants se développe doucement, il peut consoler un enfant qui pleure en lui faisant une caresse, ou en lui apportant un jouet. Cependant, il n’est pas prêt encore à partager ses jeux avec les autres enfants.

Entre 2 et 3 ans, c’est ce que l’on appelle le « jeu parallèle »

A cet âge, l’enfant joue encore seul, mais il aime que d’autres enfants jouent à côté de lui. Il regarde avec attention leurs jeux et il est attentif aux réactions des adultes lors de ces jeux. Il aime beaucoup les jeux qui impliquent des interactions sociales avec les adultes de son entourage.

3) Avez-vous déjà entendu parlé du « jeu symbolique » ?

Le jeu symbolique ou d’imitation est un jeu où l’enfant s’amuse à « faire semblant » en rejouant des scènes du quotidien (cuisiner, prendre soin d’un bébé mais aussi faire semblant de dormir, aller travailler, …) .

Ces jeux permettent à l’enfant de mieux se figurer sa journée en l’absence de ses parents.

Les jeux symboliques sont également un moyen pour l’enfant de comprendre le monde qui l’entoure, de développer sa personnalité.

Vous l’aurez donc compris, jouer, au-delà de donner du plaisir à votre enfant, agit sur toutes les sphères de son développement.

 

Alors chers parents, vous êtes prêts à faire ressortir votre âme d’enfant ?

Le saviez-vous ?

La communication entre parents et professionnelles

 

La communication à la crèche avec les parents est une sphère importante de la vie de l’enfant. Elle est un outil d’échange privilégié entre les professionnelles et les parents des enfants accueillis. Elle permet une relation transparente et de proximité avec chaque famille, dans la bienveillance, la convivialité et la joie.

Ce que l’on peut appeler « la triade », la relation enfant-parent-professionnelle, est indispensable pour donner lieu à un accueil de qualité, dans le respect des besoins de l’enfant et de sa famille. 

C’est un espace où la transmission est réfléchie en équipe pour que chaque professionnelle apporte sa réflexion, avec toutes les connaissances qu’elle porte et, donner lieu à une réponse adaptée aux besoins de l’enfant. Elle a la responsabilité de mettre en place une écoute active, attentive aux mots des parents, à leurs questionnements, à leurs demandes. C’est un moment et un lieu où chaque information est accueillie et entendue dans le but de soutenir la parentalité et le bien-être de l’enfant.

Le parent est la figure principale d’attachement. C’est celui qui connaît le mieux son enfant. A la crèche, l’équipe est un accueillant, un guide. Elle a aussi un rôle de veille sanitaire pour garantir la sécurité physique, psychique, émotionnelle de l’enfant. Elle l’accompagne à développer ses compétences, ses apprentissages pour les mettre en avant au regard des parents.

Ainsi l’accueil de l’enfant en collectivité se fait dans la continuité de ce qu’il vit à la maison, selon le rythme et les choix des parents. 

Quels sont les objectifs d’une communication de qualité au sein de la micro-crèche entre les parents et les professionnelles ?

  • Créer un lien de confiance entre les parents et les professionnelles, indispensable et indissociable à un accueil adapté et de qualité de votre enfant .
  • Permettre de faire le relais entre la maison et la micro-crèche.
  • Permettre aux  professionnelles d’être un véritable soutien à votre parentalité.
  • Permettre de mieux vous accueillir, vous parents.
  • Permettre aux parents et aux enfants de se sentir bien dans toutes les dimensions.
  • Permettre aux professionnelles d’accompagner avec bienveillance et non-jugement un parent qui aurait à traverser une difficulté,…

Quand la communication devient difficile…

Il est important pour l’équipe de professionnelles de maintenir une relation de confiance avec les parents mais il arrive parfois que la communication devienne difficile quand parents et professionnelles ne partagent pas les mêmes idées, les mêmes opinions.
Tous les parents n’ont pas les mêmes attentes. Il en va de même pour les professionnelles. Les parents souhaitent être rassurés sur la bonne prise en charge et l’accueil de leur enfant. Les professionnelles, elles, désirent être écoutées et respectées. Chacun a besoin d’être apprécié et valorisé.

Alors comment agir face à une situation délicate ?

• Ne pas s’enerver devant les enfants
• Garder son calme
• Prendre un temps d’échange dans le bureau
• Dédramatiser la situation
• Etre attentif et contrôler la verbalisation de ses émotions
• Faire preuve d’empathie
• Etre à l’écoute de ce que l’autre a à dire
• Ne pas attendre qu’un désaccord se répète plusieurs fois afin de ne pas basculer dans le conflit

 

Le plus important à retenir est qu’il est primordial d’instaurer et de maintenir un climat de confiance, une écoute réciproque, un respect mutuel et un dialogue ouvert entre les familles et les professionnelles.  

Merci, S’il te plaît, …

Quid sur la politesse chez le jeune enfant

 

Dis « merci », dis «s’il te plaît »,…Certains parents ou professionnelles sont très attachés à ces « mots magiques » qui sont pour eux de véritables marques de respect et de savoir-vivre en société.

Mais l’enfant comprend il réellement ce que veulent dire ces petits mots de politesse ?

Avant l’âge de 4 ans, le cerveau de l’enfant n’est pas assez mature pour comprendre à quoi servent ces mots magiques et pour les utiliser à bon escient.
Le jeune enfant n’est pas encore capable d’appréhender que les autres ont des besoins, des émotions différentes de lui et qu’ils attendent un retour de sa part.
L’enfant ne peut donc pas répondre de manière spontanée et consciente (par exemple l’enfant de moins de 4 ans ne comprend pas que le mot « merci » est une marque de gratitude).

Pourtant mon enfant dit « merci, s’il te plaît »,…

Oui cela est possible, mais l’enfant encore immature ne fait que répéter mécaniquement ce qu’on lui demande de dire sans pour autant en comprendre le sens.
Il est conditionné à utiliser ces « mots magiques ».

Mon enfant ne veut jamais dire « merci » ou même « bonjour »,…

L’enfant à en réalité sa propre façon d’être poli.
N’est-il pas trop mignon quand il vous fait son plus grand sourire en réponse à ce que vous lui donnez ? Quand il pose sa petite main sur vous quand vous arrivez ? Quand il rit aux éclats à l’ouverture du cadeau que vous venez de lui offrir ?

Tous ces petits actes sont sa manière à lui de vous exprimer sa gratitude, de vous dire « s’il te plaît » ou « bonjour ».

Comment agir avec mon enfant ?

Lui montrer l’exemple est le meilleur des apprentissages.
Soyez vous même poli avec votre enfant, remerciez le quand il vous donne un objet, dites lui « s’il te plaît » quand vous l’invitez à faire quelque chose,…
Aidez le à verbaliser ses émotions avec bienveillance et de manière positive.
Votre enfant va petit à petit acquérir la maturité cognitive nécessaire pour utiliser ces petits mots au bon moment et de manière naturelle.

Alors, soyez patients, grandir ça prend du temps !

 

L’OBJET TRANSITIONNEL

I) C’est quoi un objet transitionnel ?

Donald Winnicot, pédiatre et psychanalyste britannique définit l’objet transitionnel comme un objet essentiel au développement psychique de l’enfant.

De la naissance jusqu’à quelques mois (jusqu’à 9 mois environ), bébé est en parfaite symbiose avec sa maman avec laquelle il ne pense faire qu’un. Ainsi, quand maman s’éloigne (que bébé ne la voit plus), bébé est persuadé de perdre maman de manière définitive.
L’objet transitionnel rassure bébé quand le parent (plus particulièrement maman) s’en va. Il est un véritable lien entre le cocon familial et le monde extérieur et peut se révéler être un véritable drame si celui ci se perd.
Il peut prendre l’apparence d’un doudou, du tee shirt de maman, de la tétine, du pouce,… Cet objet lui permet de mieux appréhender la situation.
C’est un outil précieux pour l’enfant et pour les professionnelles.

II) Qui choisit l’objet transitionnel ?

C’est l’enfant qui choisit et c’est d’ailleurs son premier choix rien qu’à lui !!!
Chaque enfant construit son sentiment de sécurité comme il le souhaite et il est d’ailleurs tout à fait possible que cela ne prenne pas la forme d’un objet…

AH BON ???!!!

Et oui l’enfant peut également construire son sentiment de sécurité au travers d’un moment de lecture,d’un geste, d’un moment de rangement mais aussi auprès d’une personne en particulier, … on parle alors d’aire transitionnelle.

III) Et à la crèche comment est-il utilisé ?

A la crèche, l’enfant sait ou le trouver ainsi il peut aller le chercher dès qu’il en ressent le besoin.
L’enfant choisit le lieu et le moment de l’investir.
Toutefois il est important qu’il puisse trouver du réconfort auprès d’un adulte qui verbalisera et l’aidera à différencier chaque sentiment ( peur, douleur, …).
Répondre à ses pleurs, ses angoisses uniquement par l’utilisation systématique du doudou pourrait entraîner chez l’enfant une dépendance, il deviendrait alors un objet fétiche !

C’est aussi lui qui choisira quand il n’en aura plus besoin, il le laissera alors de plus en plus jusqu’à s’en détacher complètement.

IV) Et si je décide que mon enfant n’ait plus de doudou ?

Que ce soit sur avis médical ou pour conviction personnelle, l’important est d’accompagner progressivement l’enfant à se détacher de son doudou. Vous pouvez lui proposer une alternative ( un rituel par exemple) qui lui permettra de maintenir ce sentiment de sécurité et de le rendre acteur de ce choix la.

 

Le portage

Si actuellement le portage revient à la mode, il faut dire que, en réalité, les bébés ont toujours été portés. « Depuis la préhistoire », selon Marie-Laure Cornier*, sage-femme et spécialiste du portage. « Tous les bébés étaient dans une peau de bête (qui est devenu un tissu), contre leur mère », poursuit-elle. A l’époque, pas de transat ni de cosy pour déposer le bébé. La seule façon de le garder tout en garantissant sa sécurité et en le surveillant était de le porter contre soi. Une pratique qui s’est un peu perdue au fil du temps… et qui revient maintenant sur le devant de la scène pour le plus grand plaisir des bébés… et de ceux qui les portent !

Depuis quelques années, le maternage et la proximité mère-enfant connaissent un regain d’intérêt. Les porte-bébés font partie intégrante de cette approche. C’est dans ce contexte qu’apparaissent les premiers porte-bébés préformés (= »prêt-à-porter », comme un sac à dos). Une invention qui permet aux parents de porter leur bébé contre eux, « près du cœur ». Aujourd’hui, le portage n’est plus uniquement réservé aux parents et ne se fait plus seulement à l’aide des porte-bébés mais s’étend à tous ceux qui s’occupent du bébé comme les autres membres de la famille ou même certains professionnels de la petite enfance et se pratique aussi avec des « écharpes » spécifiques.

 

Mais qu’est-ce que le portage exactement ?

Le portage est une pratique qui consiste à porter contre soi son bébé en position verticale à l’aide d’un porte-bébé ou d’une écharpe. Le portage permet aussi au parent de maintenir un contact physique avec son enfant de manière simple et confortable tout en ayant les mains libres.

 

Pourquoi porter son bébé ?

Notamment parce que cela répond au besoin primaire de proximité, de contacts du bébé. De plus, le portage offre de nombreux avantages autant pour le bébé porté que pour la personne qui le porte (à condition de bien respecter certaines règles de sécurité).

Grâce aux neurosciences et aux différentes études menées sur le sujet, il est désormais établi que le portage possède de multiples bienfaits. Après avoir passé 9 mois in utero, le bébé a plus que jamais besoin d’être dans un rapport de proximité avec l’adulte qui prend soin de lui. Ainsi, le portage permet de combler le besoin primaire et essentiel de contact physique.

Grâce au portage, le bébé se sent rassuré, apaisé. Son corps sécrète alors de l’ocytocine, la fameuse « hormone du bonheur ». La proximité avec l’adulte qui le porte ainsi que les gestes et les regards affectueux du parent pendant le portage génère également chez le bébé la production d’ocytocine. De plus, le portage aide les parents à répondre plus rapidement aux besoins de leur bébé, ce qui est aussi bénéfique pour l’attachement. En fait, tout ce qui concourt à la production de l’ocytocine contribue à créer ce lien d’attachement. Car les deux sont liés : l’attachement se joue aussi beaucoup au niveau du corps et pas uniquement sur le plan psychologique. Ce sont les hormones qui entrent en jeu dans ce lien. Le portage a donc un réel impact sur la production d’hormones, c’est-à-dire sur la physiologie des bébés !

De plus, grâce au portage, le bébé est, le plus souvent, positionné de façon verticale, ce qui lui est aussi bénéfique sur le plan physiologique. Pourquoi ? « Parce que c’est une position physique idéale pour un nourrisson qui est nourri exclusivement de liquide », explique encore la sage-femme. En effet, le bébé ingère uniquement du lait dans un estomac dont la valve (le cardia) n’est pas encore mature. Résultat : il régurgite régulièrement. Grâce au portage vertical, son confort digestif est ainsi amélioré. Parce que le bébé est placé en position verticale, le portage favorise les rots, soulage le reflux gastrique et peut diminuer également les coliques. Un soulagement pour le bébé… et pour son porteur.
De plus, le portage favorise aussi une bonne adaptation du bébé au monde extérieur via une contribution à son développement socio-émotionnel. En effet, en étant porté l’enfant est en contact avec la chaleur et l’odeur de sa mère (ou de son père). Il entend aussi les battements du cœur de son parent. Et c’est un son qu’il connaît bien et qui le rassure puisqu’ il l’entendait lorsqu’il était dans le ventre de sa mère. Tout cela contribue au développement de sa confiance en lui mais aussi en ses parents et en son environnement. Ainsi, l’enfant est sécurisé sur le plan affectif, ce qui lui permet ensuite de s’ouvrir au monde plus facilement, en ayant moins de craintes. La proximité du parent pendant le portage augmenterait aussi le niveau d’attention du bébé et l’inciterait à explorer.

Enfin, le portage permet aussi d’aider au bon développement physique de l’enfant. En effet, porter le bébé renforce les muscles de son cou et de son dos, ce qui contribue à un meilleur tonus. Les mouvements du parent qui le porte contribuent aussi à améliorer le sens de l’équilibre de l’enfant. De plus, le portage diminue le risque de tête plate, car les bébés portés sont moins souvent dans un transat ou couchés sur le dos.

 

Des bébés apaisés grâce au portage

Tout semble plus doux avec le portage. Et ce n’est pas qu’une illusion. Porter le bébé permettrait de le calmer et de réduire ses pleurs et son agitation. Une étude publiée dans la revue Pédiatrics a, en effet, montré que les bébés qui avaient été portés minimum 3h par jour pleuraient quasiment deux fois moins que les autres ! Les chercheurs (Hunziker et Barr) ont en effet constaté que les pleurs diminuaient en journée de 43 % allant même jusqu’à 51 % en soirée.

La proximité avec le parent pendant le portage permettrait également au bébé de s’apaiser malgré les stimulations extérieures. Cela l’aiderait à mieux réguler son système nerveux et favoriserait donc son sommeil. En étant porté, le bébé peut aussi entendre la voix de sa mère ou de son père, voir son visage et être exposé à un mouvement constant. Cela aurait un effet calmant et qui lui procurerait un sentiment de sécurité. Le portage permettrait aussi la régulation de la température et de la fréquence cardiaque. Tout cela afin de permettre aux enfants d’être calmes et sereins.

 

Des bienfaits pour le porteur aussi !

Les bienfaits pour les bébés sont multiples, nous l’avons vu. Mais ils sont aussi nombreux pour celui qui les porte. Outre le lien d’attachement renforcé (pour le bébé mais aussi pour l’adulte porteur), le porte-bébé (ou écharpe) permet surtout au porteur de garder (ou de retrouver) sa liberté de mouvement car l’enfant est porté. Puis, dans un second temps, les bébés portés partent plus rapidement découvrir le monde. En effet, le portage permet de développer l’oreille interne de l’enfant et de lui apporter un meilleur équilibre. De plus, « le réservoir affectif du bébé étant rempli grâce à la proximité de l’enfant avec l’adulte, le résultat est que les bébés portés marchent plus rapidement que les autres et s’ouvrent au monde plus facilement », détaille la sage-femme. Les adultes sont donc finalement moins sollicités quand les bébés grandissent !

De plus, parce qu’il a les mains libres, le parent peut prendre soin de son enfant tout en vaquant à certaines occupations. Le portage au dos augmente encore plus cette liberté de mouvement. Et, en plus d’être pratique et utile, cela peut diminuer le stress du parent. Le portage permet aussi de mieux interpréter les signes du bébé, car cette pratique aide le parent à y être plus sensible. Il est alors plus en mesure de répondre rapidement aux besoins de son enfant et cela améliore le sentiment de compétence parentale et de confiance en soi.

 

Est-ce que trop porter bébé peut le gâter ?

Certains parents s’inquiètent que leur bébé soit gâté s’il se fait porter trop souvent. Il n’y a toutefois pas lieu de s’inquiéter. Comme le portage est de plus en plus utilisé et qu’il est pratiqué depuis longtemps dans de nombreuses cultures, on a pu constater et établir que les enfants portés se développent normalement et qu’ ils ne deviennent pas plus dépendent des adultes que les autres.

*Marie-Laure Cornier est sage-femme à Villefranche-sur-Mer. Elle est venue à la micro-crèche nous faire bénéficier d’une formation sur le portage et nous faire découvrir les différentes écharpes et façons de porter les enfants.

« C’est rien ! » / « C’est pas grave ! »

… et si pour l’enfant ça n’était pas rien ? Et si dans les yeux de l’enfant c’était « grave » c’est à dire sérieux, important ?

« C’est rien! » ou « C’est pas grave! », voilà 2 petites phrases que nous utilisons tous souvent, comme un réflexe, comme une formule magique ou un remède répondant à toutes les situations. Peut-être à tort….

Exemple de situation :

L’enfant trébuche et s’égratigne le genou ou bien il casse un jouet avec lequel il jouait tout le temps…. et là, par réflexe, voire en pensant bien faire, on lui dit : « C’est pas grave, c’est rien (du tout) ! ». Ou bien, dans le même esprit, « C’est pas un drame, tu en verras d’autres ! ». Tout cela étant très souvent suivi d’un « Arrête de pleurer ».

Alors, se pose la question de savoir pourquoi nous lui disons cela ? Et en quoi nous pensons que ça va aider l’enfant à (mieux) gérer la situation ? Et si, en fait, nous lui disions cela dans le but de le calmer, de l’apaiser… mais pourquoi en ressentons-nous le besoin ? Est-ce parce que ses pleurs (nous) dérangent ? Ou est-ce parce que nous avons l’impression que ses pleurs dérangent les autres autour de nous (quand cela se produit en public) ?

Sauf que, pour l’enfant, ce n’est pas « pas grave », et ce n’est pas « rien ». Il s’est fait mal, il a peut être même eu peur et il a besoin d’exprimer cette douleur et cette peur ! Et il a besoin de réconfort ! Et il ne s’intéresse pas au regard des autres! Il en va de même pour l’exemple du jouet cassé : pour lui cet événement (car il s’agit bien d’un événement) n’est pas « pas grave », et cela n’est pas « rien ». Il était certainement très attaché à ce jouet et il ressent sûrement une grande tristesse d’avoir cassé ce jouet auquel il tenait tant.

En fait, à l’opposé de l’effet recherché, ces expressions minimisent voire renient le ressenti de l’enfant. Elles lui apprennent à cacher ses émotions, comme s’il ne devait pas les exprimer voire même pas les ressentir du tout. Elles impliquent même une forme de pessimisme (sous-entendu « tu en verras d’autres »). Sauf que, au lieu de rendre plus « fort » l’enfant, elles l’affaiblissent car elles détraquent son système interne de décision (basé sur les émotions), l’exposent à de futures « explosions » émotionnelles (libération soudaine d’une émotion bloquée, reniée) et, surtout, ralentissent la maturation de son cerveau : son cortex préfrontal ne grandit pas comme il le devrait, retardant ainsi son rôle de régulateur émotionnel. De plus, sur le plan social, ces expressions trahissent aussi une incompréhension venant de l’autre (un défaut d’empathie) formant un complexe chez l’enfant qui le pousse à ne pas partager ce qu’il ressent. Au contraire, il est même possible que l’enfant réagisse en pleurant encore plus car il se sent totalement incompris…

Et si certains parents peuvent se dire : « de mon côté, mon enfant comprend que ce n’est rien ou pas grave car il arrête de pleurer »… eh bien non, ce constat est erroné. L’enfant a bel et bien ressenti de la peur, de la tristesse, de la douleur…. Pourquoi il a cessé de pleurer alors ? Tout simplement parce qu’il a fini par apprendre à nier lui aussi son émotion ou par la garder en lui… car l’adulte ne lui a jamais permis d’exprimer son émotion.

Alors, maintenant, nous pouvons nous demander comment réagir devant les émotions de l’enfant ?

Quand on commence à s’intéresser à l’éducation bienveillante et à l’éducation émotionnelle, on se rend compte qu’une grosse partie du “travail” consiste en l’accueil des émotions : simplement être là, entendre et recevoir la peur, la douleur… avec un regard bienveillant, sans forcément fournir une solution ou une technique de régulation de l’émotion (c’est à dire pour faire passer l’émotion). Proposer des techniques de régulation des émotions ne doit jamais venir remplacer cet accueil, cette reconnaissance de l’émotion en cours (chez les enfants mais cela est vrai chez les adultes également).

Au contraire, quand l’enfant pleure, il est déjà dans la résolution de son problème car il est dans la décharge physiologique de son émotion. Les pleurs sont donc utiles et bienfaiteurs. On n’a pas besoin d’empêcher les enfants de pleurer car, au contraire, les larmes sont une manière de soulager la tristesse, la peur, la colère, la honte… Tous les humains ont besoin de pleurer pour laisser sortir la souffrance liée à une blessure (qu’elle soit émotionnelle ou même physique d’ailleurs). Évacuer l’émotion par les pleurs est une manière qu’a trouvé la nature de « guérir » les humains, de leur laisser la possibilité de rebondir après une douleur, de se relever face à une épreuve… Ainsi, permettre à l’enfant d’aller au bout de ses pleurs dans un cadre bienveillant de sécurité affective est utile pour sa santé émotionnelle. Il est important de laisser ce droit aux enfants de pleurer (ou d’être en colère, de s’exciter…), que ce soit chez les filles ou chez les garçons (éviter les « les garçons ça pleurent pas ! » péremptoires).

Entendre et accueillir l’émotion d’un enfant c’est, par exemple, lorsqu’il s’est fait mal: prendre l’enfant dans ses bras et lui dire « Tu t’es fait mal et tu as dû ressentir de la peur. Je comprends. »

De la même façon, s’il a cassé son jouet : « Tu es triste car ton jouet est cassé, je comprends. »

Un câlin est alors le meilleur réconfort qui soit.

Il s’agit donc d’accepter ce qu’il ressent et/ou ce qu’il a vécu, et de l’aider à mettre des mots sur ses émotions. L’enfant se sentira alors compris et libre d’exprimer son émotion par la suite.